fascination du désert
 
 
Un océan furieux de vagues immobiles.
Désordre insensé de dunes vertigineuses que les vents éparpillent en massifs ou en festons de crêtes filant à l'infini. Des lignes pures.
Une féerie de couleurs changeantes, irréelles. Sables, pentes, bosses, et creux passant du rouge au brun, du mauve au jaune d'or, du gris perle au rose. Les cuvettes prennent l'allure de lacs de montagne aux reflets bleutés.
Des lames acérées, parfaites, semblent trancher le ciel. Des ergs titanesques scintillant dans l'aube naissante, émergent des regs, néant peuplé de cailloux anguleux.
Univers enchanté, irisé de lumière, que les heures du jour parent de nuances célestes. Nimbé de mauve pâle dans l'aurore nacré, il semble marée d'écume à midi et prend des teintes d'or fondu dans le couchant qui lui sculpte de longues ombres violettes. Poudreux, pailleté sous les étoiles lors des nuits de pleine lune, le sable irradie et les paysages, comme phosphorescents, n'ont plus rien de terrestre
 Dans ces déserts de dunes géantes et mouvantes, lovés au confins de régions mystérieuses, vomis par l'apocalypse, se joue un combat fantastique, jamais perdu, jamais gagné, de la lumière et des ténèbres.. Murailles titanesques trempées aux feux d'un soleil implacable, s'écoulant en nappes concentriques de richesses immatérielles.
Ailleurs, un monde fabuleux et minéral.
D'énormes monolithes aux formes échevelées, tels des monstres tapis, semblent monter la garde non loin d'immenses colonnes aux profils effilés , grêlées par la morsure des tempêtes, et de vertigineux canyons où se dressent vers le ciel impassible, des pitons rocheux aux formes extravagantes, poings levés et doigts imprécateurs. Tours rocheuses sculptées d'orgues géantes dont les vents en furie tirent d'inquiétantes symphonies qui vont rouler aux quatre coins de cet océan minéral.
Aux confins du réel, des cathédrales enchantées hérissées d'aiguilles virant, au fil des heures, de l'orange vif au blanc de nacre …
Univers minéral, absolu, dépouillé, où le temps s'abolit lorsque les ombres mauves des soleils d'hiver insufflent vie au moindre relief, où la mémoire s'estompe sous l'haleine léthargique des étés de feu.